Diary of a European Bunker - 12

Le football est plus qu’une passion dans le camp de réfugié de Vathi à Samos en Grèce. Il est présent partout. Sur les téléphones, dans les discussions au coin du feu, au bar, après la prière, en classe, dans la ligne pour attendre les repas, en faisant les courses. On parle des derniers championnats africains et européen, des derniers transferts de joueurs. Dans le coeur et dans le rêve. Le rêve qu’un sélectionneur vienne ici sur le camp et les regarde jouer. Certaines rumeurs circule. Cela se serait déjà passé. Un jeune joueur. Un avion. Une étoile qui part en un claquement de doigt. L’argent du football peut apparemment tout résoudre…

Les communautés africaines ont depuis le début de la création du camp pris l’habitude de jouer sur le terrain vague juste en face de l’entrée du camp. Des entraînements sont organisées quotidiennement même en hiver. Les matchs c’est pour le week-end. Des centaines de personnes du camp viennent voir le déroulé des matchs. Les équipes africaines sont regroupés par pays et c’est bien un réel championnat composé des plus illustres équipes d’Afrique ; les léopards du Congo, les lions du Sénégal, les éperviers Togo ou encore les éléphants de Guinée, qui est organisé sur plusieurs mois. Aucun “cash-prize” à la clé, seulement le plaisir de représenter son pays. Pour se remémorer peut être pendant un instant d’où l’on vient et se sentir vibrer. Pour se changer l’esprit et décharger les maux. Pour gagner aussi oui. Car si l’on gagne, on sera respecté. Pas ailleurs, pas en Europe, mais bien ici, dans le camp. On aura peut-être un peu plus à manger, on se fera offrir une bière, une clope. On sortira d’une mauvaise passe, on évitera une bagarre. On plaira peut être un peu plus aux filles. On se fera une bande de copains pour aller sur la plage après le foot. On existera à travers les yeux des autres.

S’il y avait de l’eau dans les douches pour l’après match on pourrait même se dire que c’est pas si mal que ça.

2019 / 2020
Samos, Grèce
© Jérôme Fourcade / Abisto

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Football is more than a passion in the Vathi refugee camp in Samos, Greece. It is present everywhere. On the phones, in fireside discussions, at the bar, after prayer, while teaching. We are talking about the last African and European championships, the last player transfers. In the heart and in the dream. Young refugee football fans have only one wish; let a coach come over to camp and watch them play. Some rumors are circulating. It would have already happened. A young player. A plane. A star that leaves in a snap. Football money can seemingly solve everything …

African communities have, from the start of the camp’s creation, used to playing on the wasteland just opposite the entrance to the camp. Trainings are organized daily even in winter. The matches are for the weekend. Hundreds of people from the camp come to watch the games. The African teams are grouped by country and it is indeed a real championship made up of the most illustrious teams of Africa; leopards from Congo, lions from Senegal, hawks from Togo or even elephants from Guinea, which is organized over several months. No cash prize, just the pleasure of representing your country. To remember maybe for a moment where you come from and to feel yourself vibrate. To change your mind and release the bad thought. To win also yes. Because if you win, you will be respected. Not elsewhere, not in Europe, but here, in the camp. You may have a little more to eat, you will be offered a beer, a cigarette. you will come out of a bad patch, you will avoid a fight. You might like girls a little more. You will make a group of friends to go to the beach after football. You will exist through the eyes of others.

If there was water in the showers for the post game we could even say that it is not that bad.

2019 / 2020
Samos, Greece
© Jérôme Fourcade / Abisto


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